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L E S  I D O L E S

MONSTER MELODIES RECORDS (2022)

Edition limitée en vinyle couleur

1000 exemplaires numérotés

Pochette ouvrante

3 inserts 

€30

ATTENTION : L'enregistrement de cet album est différent de l'album « Les Idoles » (enregistré aux studios Barclay en 1966).  L'enregistrement inédit que nous vous proposons aujourd'hui a été réalisé après, en 1967 au Davout Studio.
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Les idoles est un disque mythique de psychè rock sixties préfigurant le punk. Une œuvre qui dans le style n’a en France à l’époque pas d’équivalent.

 

Tous ceux-ci grâce aux performances des Rollsticks. Un groupe de rock créée de toutes pièces, avec des musiciens venus de monde musicaux différents, pour accompagner les vocalises erratiques des comédiens Pierre Clémenti, Bulle Ogier et Jean Pierre Kalfon.

 

On y trouve Patrick Greussay (futur Calcium), batterie et guitares,  Stephane Vilar (futur Calcium, PLVG), Didier Léon (futur complice de Barney Wilen), Didier Malherbe (entre autres futur Gong et Clearlight), Jacques Zins (futur Calcium) et avec la participation d’Yvan Julien (le jazzman compositeur trompettiste et chef d’orchestre) et de Michel Portal (jazzman compositeur et saxophoniste).

L’enregistrement de cet album est différent de l’album Les idoles paru en 1967 sous la référence CBS 62812 enregistré lui en juin 1966 dans les studios Barclay. La maison de disque comme cela se pratiquait à l’époque ayant besoin pour réaliser le disque à la sortie du film de faire procéder à un enregistrement de la musique six mois à l’avance. L’enregistrement inédit que nous proposons aujourd’hui a été réalisé après pendant le tournage du film en 1967 au studio Davout pour être utilisé dans le film.

 

Pour ces sessions, les musiciens connaissent maintenant le répertoire jusqu’au bout  des doigts  et la musique est plus intense, plus puissante ce qui en fait son intérêt.  Réalisé à partie des bandes masters de l’époque retrouvé dans des archives ce nouvel album a l’exception de « Et floc c’est la tasse » et « Chanson de l’archevêque » titres  dispensables dont les bandes ont  été définitivement perdues, comporte pratiquement  les mêmes titres que l’album de 1967, mais dans des interprétations différentes auxquels ont été rajoutés des instrumentaux  inédits.

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LA PIECE DE THEATRE


Marc Gilbert Guillaumin dit Marc’O, cinéaste, metteur en scène et écrivain passionné de cinéma  a commencé sa carrière en produisant le film d’Isidore Izou « Traité de bave et d’éternité » avant de s’engager dans le mouvement du lettrisme et de créer sa propre revue Ion pour un unique numéro, avec des contributions d'Isidore Isou, du peintre et poète  Gabriel Pomerand, du plasticien Gil J. Wolman, et de Guy Debord. Il réalisera son premier long métrage en 1954 « Closed Vision » présenté à Cannes par Jean Cocteau et Luis Bunuel et poursuivra ensuite des recherches esthétiques sur la mise en scène et le jeu de l’acteur en 1959, d’abord à l’American center puis au sein d’une troupe crée autour de Bulle Ogier auquel vont s’adjoindre entre autres Pierre Clémenti et Jean Pierre Kalfon anticipant la création des premiers cafés théâtres de Paris. « Une arche et un voyage ,cinq année de travail collectif, de dépassement, d’initiation et d’invention, une même énergie qui nous nourrissait , une communauté, d’hommes et de femmes qui unissent leurs force pour converger à la même source, qui se donnent tout entier au groupe, sans se trouver sans se trouver freinés par des considérations de carrière ou de succès personnel « (Pierre Clémenti extrait de « Adieu l’idole »)après les pièces musicales « Les playgirls » (1964) et « les Bargasses » pour lesquelles Marc’O s’attachera les services de  Stephane Vilar comme musicien, la troupe va connaitre le succès en 1966 avec les premières représentations du spectacle «  Les Idoles ».


Une pièce inspirée  a Marc’O par les confidences de gens du spectacle qu’il côtoie, écœurés par les dérives d’un nouveau show business obsédé par la captation du marché de la jeunesse. Celui que constitue les ados des années soixante qui ont davantage de moyens financiers que les générations précédentes. Pour cela à travers les médias journaux, les radios avec la publicité en plein essor, des artistes complètement fabriqués, calqués sur le phénomène rock importé d’Angleterre et des Etats Unis, les qualités musicales en moins, vont être lancé comme des marques de lessive. C’est l’époque de Salut les copains, de Mademoiselle Age tendre, des éditions Filipacchi et des radios périphériques qui vont s’arroger cette nouvelle manne financière  avec le succès que l’on connait, fabriquant des jeunes vedettes, des  idoles, dans lesquelles la cible jeune peut se reconnaitre ou s’identifier. Marc’O qui de 1953 à 1955 a animé la revue lettriste « Soulèvement de la jeunesse » va dans sa pièce nous donner la définition suivante de ce nouveau phénomène « L’idole est l’incarnation en un individu de l’aspiration à la réussite des autres qui n’y parviendront jamais. »


Marc’o, loin de critiquer ces nouveaux artistes populaires admirablement candide et plein d’énergie va diriger lui sa charge contre le système mis en place pour asservir la jeunesse. Avec l’aide d’acteurs au jeu de scènes outranciers qui se projettent dans leur propres rôle, improvisant tous les soirs, il va créer une œuvre à part.  « Il s’est agi pour nous de donner à l’acteur deux fonctions :
1 représenter un personnage 
2 se montrer lui-même  a côté du personnage. C’est à dire : empêcher l’identification du spectateur avec le personnage, le mettre en position d’effectuer une autre lecture que la lecture naturaliste. »


Dans une mise en scène ou le public peut intervenir à tout moment  pour télescoper les performances de ses acteurs fruit d’un atelier théâtral « travaillant sur les ressources de l'inconscient individuel et collectif » la pièce fascine.
Dés  1966, inaugurant une nouvelle scène dans une imprimerie désaffectée de la rue Saint Benoit qui deviendra Le Bilboquet, la troupe de Marc’O donne des  représentations à raison de deux par soir, L’une à 23 heures et l’autre à une heure du matin. Débutant par des verres de vin rouges offert au public, des représentations qui certains jours pouvaient durer jusqu’à sept heures du matin.


Les Rollsticks y jouent en live tous les soirs sur une scène parallèle dans un grand fracas de guitares électriques tandis que Marc’O poussent  au paroxysme l’exhibitionnisme de ces acteurs car « l’idole est excessive et violente parce qu’elle ce sait regarder », un dérèglement calqué sur celui des groupes musicaux pour déclencher de façon hypnotique une participation du public « la seule forme actuelle de communication théâtrale » assure-t-il. Le spectacle devenu le plus branché de l’année va attirer le tout Paris fasciné par les performances détonantes  des jeunes acteurs. Jean Genet, Jean Jacques Lebel, Christian Bourgeois, Guy Debord, François Maspéro, Rudolph Noureev pour n’en citer que quelques un s’y presseront. Le lieu ne pouvant accueillir plus de 100 personnes à la fois, deviendra vite trop étroit et les représentations s’arrêteront en mai pour reprendre en septembre à Bobino qui pouvait accueillir jusqu’à 250 personnes.


Dans un décor principal crée par l’architecte Claude Parent, les acteurs évoluent sur une sorte de ring, sous le regard des spectateurs qui les entourent, dans une sorte de Happening ou l’improvisation la plus extrême est de mise pour nous narrer les aventures de trois avatars d’une nouvelle religion Gigi la folle (Bulle Ogier) Charlie le surineur ( Pierre Clémenti)  et Simon le magicien (Jean Pierre Kalfon) personnages dont on devine les références a des vedettes existantes notamment Johnny Hallyday Sylvie Vartan, France Gall . Dans une démolition en règle impresario, manager, journalistes et directeur de maisons disque et attaché de presse en prennent pour leur grade tandis que les trois comédiens entonnent des chansons aux paroles indigentes et stupides singeant leurs modèles. Mais ici Les idoles consciente d’être manipulées finiront par se rebeller contre leur fonction de marionnettes ce qui entrainera  leur disparition tragique. Mais cette fable satirique aux croisements des expérimentations du living Theater et d’un grand barnum raconte aussi l’histoire d’un matériau vivant. Le destin de trois jeunes acteurs devenu brusquement célèbre qui maintenant vont devoir choisir pour la suite de leur carrière s’ils doivent rentrer dans le star system en sacrifiant leur intégrité.  Ce que tous auront soin d’éviter, préférant multiplier les expériences dans des films atypiques sauvegardant leur liberté artistique. Bulle Ogier devenant comme elle le dit avec humour dans ses mémoires « une actrice de cinémathèque ». Clémenti travaillant avec les plus grands réalisateurs Bunuel , Visconti , Pasolini, Bertolucci et n’ayant de cesse de réaliser des films expérimentaux autoproduits. Jean Pierre Kalfon qui traversera lui aussi avec talent  le paysage cinématographique français malgré des hauts et des bas retrouvant son camarade dans les années 70 pour créer un groupe de rock expérimental les Crouille marteaux dont on devine les influences.
 
 
LE FILM
 
La pièce de théâtre adapté au cinéma par Marc’O  et  produite par le réalisateur et écrivain français Henry Zaphiratos deviendra un film en 1967. André Téchiné y sera assistant réalisateur, Jean Eustache, « la maman et la putain », assurera le montage et Jean Bouquin « le couturier des stars » créera les costumes. A noter un blouson de  cuir noir couvert de badge, portés par Clémenti dans le film, qui apparait dix ans avant ceux des Ramones, de Sid Vicious et des punks anglais.
Le tournage se déroulera sur le lieu de création de la pièce devenu entretemps le B33 devant un public auquel on a demandé de s’habiller en Cacharel pour la couleur, un aspect très important du film qui a des couleurs magnifiques sublimé par des effets d’éclairage sur  la pellicule 35mm d’époque. La deuxième moitié du film sera tournée à la Locomotive place Clichy et à Bobino. Dans le film apparaitront des personnages qui n’était pas dans la pièce originale, la comédienne et chanteuse Valérie Lagrange en manageuse des artistes , Daniel Pommereulle  peintre, sculpteur, cinéaste, performeur et poète français en curé moderne, la comédienne Bernadette Laffont en sœur Hilarité caricature de sœur Sourire, Francis Girod (futur réalisateur « Le trio infernal ») en journaliste nommé Pecuchet en référence eu journaliste Philippe  Bouvard (Bouvard et Pécuchet, le dernier roman inachevé de Flaubert), Henri Chapier journaliste critique de cinéma en général des armées ; l’actrice Michele moretti et le chanteur Jacques Higelin qui fera une apparition.


Le film sorti en mai 1968 pendant les évènements passera inaperçu, alors que la pièce de théâtre dont il est adapté préfigurai deux ans auparavant cette révolte de la jeunesse, mais il aura beaucoup d’influence sur le travail d’autres réalisateur notamment Jacques Rivette grand admirateur de Marc’O qui lui empruntera ses comédiens et ses méthodes d’improvisation.


Une deuxième sortie du film sera programmée en juillet 1973 sans plus de succès. Malgré ces échecs commerciaux, cet ovni inclassifiable, aux différents niveaux de lecture, mi film d’auteur mi film d’avant-garde, mi comédie musicale mi opéra rock, restera culte auprès d’un public fidèle fasciné par le travail de ses acteurs et de son réalisateur.

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TRACKLIST

FACE 1
1 LES GRESTCHEN  (INSTRUMENTAL) 1:38
2 L’IDEAL DE L’IDOLE 2:19 
3 NON PAPA 1:29 
4 LE SURINEUR 1:27 
5 DANSE CRAWL  0:46
6 YOUPELLE  0:47 
7 LE COMMISSARIAT/UNE VOITURE 0:48 
8 FILS D’OUVRIER 0:50  
9 FORMULES MAGIQUES  (INSTRUMENTAL) 1:47
10 NUMBER ONE DANCE 2:33  
11 UNE 2 CV 1:10  
12 UNE JAGUAR 1:11
13 LA MÊMÊ  3:31   
 

FACE 2
14 JE SUIS SEUL 3:49
15 JE SUIS SEUL (INSTRUMENTAL) 02:45
16 MES SŒURS MES AMIES  (INSTRUMENTAL) 0:51
17 NOUS LES COPAINS 1:38
18 QUATORZE JUILLET 1:42
19 TU ES A MOI (INSTRUMENTAL) 1:04  
20 VIENS DANS MON CŒUR (INSTRUMENTAL) 1:18
21 VIENS DANS MON CŒUR 1:18
22 LA COMPLAINTE DES PAUVRES IDOLES (INSTRUMENTAL) 1:17
23 LA COMPLAINTE DES PAUVRES IDOLES  1:16  
24 DU BYRRH 2:13